Un projet d'habitat participatif et coopératif pour créer de l'union
Un projet d’habitat participatif et coopératif pour créer de l’union

Qu’est-ce que l’Habitat Participatif ?

Les futurs habitants s’associent pour participer à la définition et à la conception de leurs logements et des espaces communs, un point essentiel. S’ils le souhaitent ils peuvent participer à l’acte de construire, et assurent la gestion une fois dans les lieux. C’est une démarche citoyenne. 

Entre la location et la propriété, il existe cette troisième voie pour le logement. La participation dans l’opération permet la création d’un lien social entre les futurs habitants. Les habitants veulent prendre des responsabilités, jouer un rôle dans les décisions. Et les projets intègrent toujours, à côté des logements individuels, des espaces partagés. Salle commune pour recevoir des amis ou de la famille, chambre d’amis partagée, buanderie, atelier bricolage, de réparation de vélo, par exemple.

L’habitat participatif permet l’accès à des services ou des espaces supplémentaires dans son immeuble, potager, voitures en partage, aides aux personnes dépendantes. Ces projets peuvent devenir des liens dans le quartier comme un point de distribution de paniers de fruits et légumes de producteurs locaux. Et pouvoir faire confiance à son voisin, ça change tout ! Et faire ensemble, des petits ou grandes choses, c’est prendre le temps de se connaître, pour construire et installer cette confiance. C’est créer ce cadre d’entraide, précieux, pour toutes les générations, jeunes parents et personnes âgées.

L’habitat participatif c’est aussi construire une société inclusive, s’attacher à faire connaissance avec l’autre, différent, intégrer ensemble ses besoins dans un fonctionnement collectif. Et les projets d’habitat participatif, à leur échelle, sont des lieux de pratique de la démocratie. La participation permet à chacun d’exprimer son point de vue, et les décisions sont prises collectivement.

Je vois dans ces projets d’habitat participatif, une possibilité de développer du commun dans le respect de la diversité. Et faire ensemble, c’est aller plus loin, et notre planète en a besoin !

Où commence un projet d’habitat participatif ?

Les premiers pas de la réflexion passent par la rencontre des associations locales qui vous permettront de découvrir des expériences. Et vous découvrez des expériences qui vous correspondent et d’autres non. Ce temps sera l’occasion d’identifier à l’intérieur de votre foyer ce qui vous attire dans la démarche, ce que vous avez envie de partager, et quelles sont vos limites.

Cerner ses souhaits est le premier pas essentiel pour s’engager dans le projet qui vous correspond avec les personnes avec qui vous partagez un certain « commun ».

Et si vous passiez à l’habitat participatif ?

Quelles sont les grandes étapes d’un montage de projet d’habitat participatif ?

Nous identifions 4 jalons essentiels et incontournables au montage d’un projet d’habitat participatif.

Le temps de la réflexion

C’est le moment d’identifier ses envies au cœur du foyer, ce qui motive à se lancer dans un projet d’habitat participatif. C’est aussi le temps de découvrir des expériences réalisées et en cours de montage pour clarifier ses intentions.

Ensuite, vient le temps de la rencontre des futurs voisins, dans le réseau, dans les évènements autour de l’habitat participatif, les ateliers participatifs et réunion publique. Petit à petit un groupe de réflexion se forme autour de valeurs communes. Il appartiendra à ce collectif de formuler son objectif commun par la rédaction d’une charte. 

Alors le groupe informel deviendra un « maître d’ouvrage collectif » par la création d’une association dite de « préfiguration » du projet de logements.

Le collectif d’études

Alors ce groupe devient un collectif d’étude, c’est le moment de définir la méthode par laquelle le groupe souhaite construire ou rénover. En effet, des responsabilités sont inhérentes à l’acte de construire ou rénover. Il appartient au groupe de définir les responsabilités qu’il souhaite prendre et celles qu’il souhaite déléguer.

Et en parallèle, les membres du collectif doivent définir leur montage financier suivant leurs capacités budgétaires. La rédaction du préprogramme identifie les besoins du collectif, en termes d’espaces individuels et d’espaces collectifs

Phase conception

La phase de conception doit faire la part belle à la participation des habitants dans la conception de leurs lieux de vie en partenariat avec un architecte choisit collectivement. En parallèle, les statuts de la structure juridique du groupe seront élaborés. C’est également le temps des recherches de prêts collectifs ou individuels pour le financement du coût des travaux.

Cette phase est aboutie par l’obtention du Permis de Construire, le dépôt des statuts de la structure juridique et la validation du financement simultanément.

Phase réalisation

La première pierre marque la concrétisation du lieu de vie souhaité. Et le temps de la réalisation se fait dans le respect des modalités définies plus en amont par le groupe. Chacun du groupe et de ses partenaires assume ses responsabilités, et sa part dans les décisions dans cette phase. Et cette phase se conclue par l’emménagement dans les lieux.

Dans le lieu de vie, c’est l’expérimentation de cette vie rêvée. C’est le temps de la souplesse, pour s’adapter dans le respect de la charte des valeurs du groupe.

Quelle méthode pour réussir ?

Au cours de ces 4 grandes étapes permettant d’arriver à l’emménagement dans le lieu de vie, il est essentiel de maintenir un équilibre constant du projet sur 4 piliers :

Le projet collectif est l’élément fondateur

Il est la raison d’être du projet en lui-même, il se doit d’être motivant dans ce parcours.

Au départ, il est inscrit dans la charte, ensuite il se déclinera dans les statuts de l’association de préfiguration, dans le règlement intérieur de l’association. La charte inspire tous les choix, toutes les décisions. Elle inspirera aussi la rédaction du règlement intérieur du lieu de vie, rédigée pendant la construction, pour préparer l’emménagement.

« Seul on va plus vite, ensemble on va plus loin »

C’est vrai que seul on va plus vite, car prendre des décisions collectivement, demande de l’organisation. C’est pourquoi, compte tenu que nous voulons aller plus loin, il est important de s’organiser.

  • S’organiser au sujet de la répartition des tâches tout au long du processus, et également une fois dans les lieux, pour que chacun apporte ses compétences, et puisse aussi développer des compétences s’il le souhaite.
  • S’organiser dans les temps de réunion, pour qu’elles soient fluides et agréables. Avec un ordre du jour, la définition d’un temps de réunion raisonnable, et de temps de convivialité, essentiels au plaisir de la démarche.

Le projet est un lieu de vie

L’aspect architectural est essentiel, et arrive très rapidement dans les conversations, en identifiant les espaces partagées, puis le projet se détaille petit à petit. Enfin dans les lieux, il s’agira d’expérimenter et de s’approprier les équipements techniques .

Le montage financier

Il est essentiel quel qu’il soit à la réalisation du projet, qu’il soit lié aux banques ou non, avec le support de prêt collectif ou individuel. Le sujet est abordé très tôt pour la faisabilité du projet, et le groupe aura une partie de la gestion financière une fois dans les lieux suivant les modalités qu’il aura convenues.

Tout manque de développement d’un de ces 4 piliers par rapport à un autre rendrait le projet bancal, et rendrait les prises de décisions difficiles, sans évidences, et apporterait des conflits. C’est pourquoi, je propose une méthode itérative, qui permet de dessiner simultanément les facettes du projet afin de garder l’équilibre essentiel à la réussite du projet.

L’habitat participatif, comment faire ?

Combien de temps prend cette démarche citoyenne ?

Dans le passé, les projets étaient plus longs. Entre 8 et 10 ans. Mais le partage d’expérience aide, le réseau se structure, les partenaires commencent à s’habituer à ces démarches collectives. Le métier d’accompagnateur qui est nouveau facilité aussi l’avancée des projets.

On peut aujourd’hui des projets en cours de montage qui peuvent espérer avoir emménagé 6 ans après le début de la réflexion.

Comment sécuriser ce type de démarche innovante ? 

L’accompagnement de projet d’habitat participatif a été identifié comme un facteur de réussite en Europe du Nord, là où l’habitat participatif s’est déjà développé. L’Allemagne est précurseur dans le domaine. Le pays est aujourd’hui une véritable vitrine de l’habitat participatif, avec les baugruppen, comme on dit là-bas. 2,2 millions de logements sont en baugruppen et 5 millions d’habitants vivent aujourd’hui en baugruppen !    

Le rôle de l’accompagnateur de projet d’habitat participatif est de guider le groupe dans ses actions. L’accompagnateur connaît le chemin à parcourir, les étapes fondamentales, et les écueils. Il propose des outils d’avancement, des outils de gestion. En ce sens, l’accompagnateur gère les risques de ce type de projet collectif. Par anticipation, il éveille la vigilance des futurs habitants pour les inciter à définir leur solution.

En tant qu’accompagnatrice, il me tient à cœur d’accompagner les collectifs vers un projet et un parcours réaliste et réalisable. L’accompagnateur a ce regard du tiers extérieur, souvent essentiel à la prise de recul, permettant la décongestion de conflits.

3 clefs pour réussir un projet d’habitat participatif

  • Identifier un projet clair, motivant et rassurant
  • Ne pas brûler les étapes, trouver une organisation efficace
  • S’entourer pour sécuriser le projet

Si vous avez un projet d’habitat participatif, n’hésitez pas : http://carolesamuel.fr

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